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Nos réponses aux questions posées en direct lors des 130 ans de l’UFSE

Lors de nos 130 ans, nous n’avons pas pu répondre à l’ensemble des questions et nous vous avons promis d’y répondre sur notre site internet. Chose promise, chose due ! Michèle Créoff, Vice-Présidente de l’UFSE vous répond :

Question ; J’ai été maltraité durant mon enfance par ma famille. Le viol est prescrit. Or, je n’ai pu prendre conscience de cet événement que récemment. Que puis-je faire? 2•25 Apr, 7:59pm

Réponse : Depuis la loi du 3 Aout 2018, le délai de prescription du viol est de 30 ans, la même durée que pour une demande de réparation au civil. Donc au- delà de 30 ans les voies contentieuses ne sont plus possibles. Cependant, si vous estimez que la personne qui vous a violé représente un danger pour autrui aujourd’hui, vous pouvez informer le procureur de la république de ce viol ancien pour attirer son attention sur la dangerosité de la personne. Mais attention cette démarche peut fréquente présente des risques. Vous pouvez être poursuivie pour diffamation ou dénonciation calomnieuse. Prenez donc conseil auprès d’un avocat avant toute décision. Nous vous remercions de votre confiance et nous vous exprimons tout notre soutien.

Question : Comment aimer aujourd’hui (en tant qu’adulte) quand personne ne vous a aimé ? Pour gagner en autonomie, il faut avoir confiance en soi… en les autres !!! 2•25 Apr, 8:35pm

Réponse : C’est bien toute la difficulté. Mais déjà , en prendre conscience est une avancée. Se faire aider pour s’aimer un peu plus, rencontrer dans des groupes de parole des pairs pour mieux se comprendre. Le travail de reconstruction est parfois long mais des accompagnements existent soit dans le cadre de structures de soins , soit auprès des associations d’aide aux victimes de maltraitances.

Question : Comment expliquer ce déni qui entoure les phénomènes de violences faites aux enfants ? 1•25 Apr, 7:21pm

Réponse : Le déni des maltraitances commises sur les enfants est très ancien. La place de l’enfant dans la société chrétienne est ambivalente à la fois il s’agit d’un sujet sacré en référence à l’image de l’enfant jésus et du message christique, mais il s’agit aussi d’une créature livrée à ses instincts qui n’a pas d’âme et qu’il faut dresser.

Puis l’enfant, comme l’épouse, est la propriété du pater familias qui a droit de vie et de mort sur lui. Enfin, à notre époque, la libération  sexuelle et la sacralisation de la famille comme rempart à l’ingérence de la puissance publique dans la vie privée des citoyens, ainsi que certains conflits de droits où de le droit à la protection de l’enfant serait en contradiction avec d’autres droits fondamentaux, comme une certaine interprétation des droits de la défense dans le procès pénal ou des droits de l’autorité parentale, rendent compliqué une position claire et ferme sur la prise en compte de la maltraitance à enfants.

Les différents pouvoirs politiques ont donc préféré cultiver le déni, (Cela est exceptionnel et donc on ne peut pas faire grand chose), plutôt que de trancher ces débats et faire ainsi des choix complexes. Enfin ,la maltraitance concerne des tabous anthropologiques importants, comme l’infanticide, l’inceste, la folie, que chacun préfère aussi ignorer.

Quel sont les formations dont bénéficient aujourd’hui les JAF quant à la prévention des traumatismes provoqués par les séparations parentales? 1•25 Apr, 8:22pm

Réponse : Les Juges des Affaires Familiales bénéficient des formations organisées par l’école de la magistrature sur les différentes avancées de connaissances en la matière. Sont- elles suffisantes? Sont-elles facilement accessibles? Sont- elles en phase avec l’évolution rapide des connaissances? Par exemple, il existe aujourd’hui un vrai débat sur le syndrome d’aliénation parentale, qui a été présenté comme une avancée dans les années 80 pour expliquer les comportements parentaux et qui aujourd’hui est considéré comme une invention sans fondement par de nombreuses instances internationales de psychiatrie. Comment les JAF sont au courant de ces évolutions qui concernent directement leurs décisions? C’est bien l’organisation de la formation permanente qui doit être revue.

Question : Peut-on envisager la création d’une association équivalente destinée à l’éducation préventive des parents de sorte à réduire la maltraitance des enfants ? 0•25 Apr, 7:22pm

Réponse : Des associations existent déjà pour soutenir les parents. L’Union pour l’Enfance bâtît en ce moment même un partenariat avec la FNPPSP (Fédération Nationale pour la Promotion, Prévention de la Santé Psychique) en leur louant un local à Paris pour qu’ils puissent créer un lieu d’accueil « pâte au beurre » et en travaillant ensemble pour, notamment, agir en amont en aidant les parents. Les lieux d’accueil pâtes au beurres sont des espaces solidaires, gratuits, anonymes, sans rendez-vous et collectifs où les familles peuvent venir avec ou sans enfant et ce, quel que soit leur âge, pour réfléchir avec deux professionnels.

Question : Comment concilier violence faite à l’enfant et visite médiatisée sans replacer l’enfant en situation de danger ? 0•25 Apr, 7:23pm

Il convient de bien déterminer l’objectif des visites médiatisées et ne l’envisager que si la mise en relation est à la fois nécessaire et sans dommage pour l’enfant. C’est là aussi que se situe le choix entre droit de l’enfant à la protection et droit des parents à exercer leur autorité parentale.

La visite médiatisée ne peut pas être un des moyens pour les décideurs de ménager  » la chèvre et le chou ». Quelles sont les ressources des parents mobilisables lors des visites? Sont -elles suffisantes pour ne pas créer un dommage pour l’enfant? Comment l’enfant vit ces visites? Quels sont les bénéfices pour lui? Quelles sont les conséquences? Comment les relations parents/enfants évoluent? C’est en étant clairs dans notre analyse des besoins de l’enfant et des conséquences pour lui, que nous pourrons accompagner le décideur dans son choix. En sachant que force doit rester à la protection.

Question : Les impacts des mémoires traumatiques sont ils considérés aujourd’hui comme des éléments constitutifs d’une forme de handicap Et reconnus comme tel par la mdph? 0•25 Apr, 7:23pm

Réponse : L’amnésie traumatique est de plus en plus reconnue, mais sans que les impacts soient constatés automatiquement au niveau des procédures et des conséquences. Pour plus d’information , je vous conseille d’aller sur le site des associations spécialisées sur ce sujet

Question : Comment se situe la France en termes de prévention par rapport a d’autres pays ?: Y a t il des exemples dans d’autres pays dont on pourrait s’inspirer ?0•25 Apr, 7:25pm

Réponse : Notre déni collectif ne facilite pas la construction d’actions de prévention durable et de grande ampleur. Les pays comme la Grande Bretagne, le Quebec, la Belgique sont bien plus avancés soit par leur campagne s de prévention grand public soit par des programmes de prévention ciblée renforcéesur des cohortes importantes, avec des recherches actions permettant l’évolution des pratiques professionnelles.

Question : Y a-t-il plusieurs finalités dans le travail avec les parents en fonction des situations de danger ? 0•25 Apr, 7:31pm

Réponse : Avant des définir les finalités du travail avec les parents, il faut définir les besoins de l’enfant auxquels les parents ne répondent pas ou mal, ainsi que les ressources des parents pour modifier leur comportement. Et cela, sans oublier la concordance des temporalités entre le temps de l’enfant et le temps de l’adulte.

En fonction de ces analyses, nous pourrons définir si le parent peut à terme exercer telle ou telle fonction ou si nous devons nous y substituer. Ainsi le périmètre de la suppléance parentale sera définie et régulièrement évaluée en fonction de l’évolution des compétences et des capacités parentales au regard des besoins de l’enfant.

Si les capacités parentales sont trop défaillantes et ou durablement absentes, il faudra envisager une substitution parentale totale pour permettre à l’enfant accéder à une deuxième famille. La loi du 14 Mars 2016 relativeà la protection de l’enfance permet de mieux organiser ces démarches en instaurant une commission de définition des statuts juridiques des enfants confiés.

Questions : Vous avez donné plusieurs chiffres, quelles sont les sources de données dont nous disposons actuellement en Protection de l’Enfance? Comment les améliorer? 0•25 Apr, 8:35pm

Réponse : Les chiffres donnés sont ceux des forces de sécurité (police, gendarmerie) qui recensent les faits de violence commis sur des enfants, après les avoir constatés leur des investigations.Il nous manque les chiffres sur les informations préoccupantes recensées par les départements ainsi que les chiffres du champ médical. La reflexion est en cours au niveau du gouvernement pour améliorer ces remontées.

Question : Pouvez-vous détailler ce qu’est la psychoéducation ? 0•25 Apr, 8:36pm

Réponse : Plus d’informations sur cet article de notre site internet : http://www.unionpourlenfance.com/psychoeducation/

Question : Je suis tout à fait d’accord avec ce que vous dites sur école Des parents. La question est tellement vaste… qu’est ce qu’un bon parent? 0•25 Apr, 8:37pm

Réponse ; Je vous conseille la lecture de Winnicott qui a construit le concept de parent suffisamment bon. Pour résumer, un parent qui satisfait aux besoins de l’enfant définis par ex dans la démarche de consensus sur les besoins fondamentaux de l’enfant ( voir le site du ministère) et notamment qui a permis à son enfant de bénéficier d’un attachement sécure ( je compte pour quelqu’un et je peux compter sur lui). Ce qui permet à l’enfant de se développer harmonieusement.

Quelle est la spécificité des lieux de vie par rapport à d’autres types d’accueil ?

Réponse : Plus d’informations sur cet article de notre site internet : http://www.unionpourlenfance.com/lieux-de-vie/

 

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